le temps qu'il fait



Avec la précision de l’horloger, qui est son métier de formation, Guy Chaudot note chaque jour sur un cahier la hauteur des températures et des pressions, la force et l’orientation du vent, l’aspect du ciel et la forme des précipitations, le matin, de temps à autre dans la matinée et vers midi, souvent en milieu d’après-midi et parfois le soir. Quant à C. Jantet, ses observations sont soucieuses de précisions.
 
Le vent, la panne d’électricité causée par les intempéries, la « neige du coucou », la grande sécheresse ou les inondations sont autant de perturbations atmosphériques qui ponctuent la vie quotidienne des gens de Vaire, de Corcelle et d’Arcier. La liste des inondations dressée depuis 1355 par C. Jantet au début du XXe siècle alors qu’il est instituteur à Vaire et complétée depuis par Guy Chaudot et Eliette Aubry, montrent que le phénomène est récurrent.
 
 
 
    Le climat franc-comtois
 
Pas de microclimat pour Vaire-Arcier dans ce milieu semi-continental où les étés sont chauds et orageux, les hivers froids et humides. Printemps et automnes souvent ? pourris, mais éblouis parfois par quelques jours exceptionnels où la lumière souligne les superbes couleurs des versants boisés et des champs parés de toutes les teintes agrestes. Avec le départ des hirondelles vient le brouillard sur la vallée.
 
La station de référence est Besançon avec une température moyenne annuelle de 10,2° C et une hauteur de 1087 mm de précipitations moyennes annuelles bien réparties sur toute l’année. « L’étude de l’évapotranspiration fait apparaître un risque de déficit hydrique (P-ETP) limité pour les mois de juin à août. »
 
 Source : document de l’ONF de 1996 sur la Forêt communale
 
 
 
    Les étés : souvent chauds puis orageux marqués par une baisse soudaine des températures
 
Parallèlement, Guy Chaudot a relevé les données suivantes : Jeudi 25 Août 2005 : matin : 16°, ciel couvert, vent de nord-ouest faible. A 11h, 22°. A 15h, 17°, assez fortes pluies, vent de nord-ouest moyen. A 22h30, 16°, pluie. Vendredi 26 Août, au matin, 16°. Il nous propose donc une météo spécifique de Vaire !
 
 
 
    Les records de chaleur
 
Le thermomètre monte très haut aux mois de juillet et d’août 2003. Le 31 juillet 1983, la température avait déjà atteint 39° ; aussi, comparons les températures de 2002 et de 2003, relevées à 15 heures par Guy Chaudot. C. Jantet relève le 19 août 1911 : 37°
 
« Il va pleuvoir, on entend le train comme s’il était tout près ! »
 
Juin 1994 : 6 jours de ciel clair
Juin 1995 : 7 jours de ciel clair
Juin 1996 : 8 jours de ciel clair
Juin 1997 : 1 jour de ciel clair
 

Nuageux, couvert, brumeux … Mais pleut-il donc toujours ?  
 
Avril 1985 : 12 jours de pluie et grêle
 
Avril 1986 : 24 jours de pluie et neige
 
Avril 1987: 10 jours de pluie
 
Avril 1988 : 9 jours de pluie et quelques flocons
 
Il tombe des « sabrées » : averses, orages, pluies fines ou fortes giboulées, le printemps sera vert et les oiseaux n’auront pas toujours les fruits à picorer. Et on entend « l’oiseau de pluie » derrière la Chassigne ! Titituuu !
 
Encore des « rabasses »
 
 
 
En hiver : Il faut adapter le dicton : « Pâques aux tisons, Noël aux tisons » ! à l’inverse de la canicule, le 9 février 1956 : - 30. C. Jantet note –23° en janvier 1907
 
 
 
Vents
 
Le Vent, la Bise et la Lorraine
 
« Le vent du sud-ouest est dans le langage ordinaire « le vent » par excellence. Chaud et humide, coïncidant avec un temps lourd et la baisse du baromètre, il amène souvent la pluie, des bourrasques ou des orages, surtout au printemps et en automne ; de la neige ou le dégel en hiver ; en été, il peut souffler plusieurs jours dans un ciel serein.
 
Le vent du sud-est quelquefois si violent qu’il déracine les arbres, enlève les toitures (Piquard, Vonin) Tous deux lancent la pluie avec force contre les murs exposés au midi et à l’ouest.
 
Le nord-est ou Bise, vent sec et froid, amène rarement la pluie mais produit les fortes gelées d’hiver ; en été, il ramène les beaux jours ; en automne, il peut donner naissance à des pluies froides.
 
C’est le vent du  nord-ouest appelé : la Lorraine qui est le plus désagréable ; humide et glacial, il amène la pluie, la neige, le grésil et provoque des gelées tardives d’avril et de mai si nuisibles à la vigne et aux arbres fruitiers. »
 
Source : cahier IV de C. Jantet
 
 
 
Les jolies rédactions de Jean-Claude Martinillustrent le quotidien des habitants au début des années cinquante. Rappelons qu’il est né en 1941, qu’il avait alors 11 ans lorsqu’il décrit un coup de vent ou la neige d’avril, puis 12 ans la fameuse coulée de boue de juin 1953.
 
 
Le vent
 
« Jeudi 10 janvier 1952 vers les six heures du soir, il y a eu une vraie tempête. Le vent soufflait et c’est à peine si l’on pouvait se tenir debout dans la nuit. Il souffla encore plus fort et causa de nombreux dégâts. Le toit de Monsieur Blanc a été arraché par le vent. Le toit de la remise de chez Godard fut aussi emporté par le vent . Chez Jeannin, la porte d’une cage à lapin a été arrachée et le lapin s’est sauvé. La pluie nous aveuglait et on ne pouvait pas marcher. Vendredi soir, la tempête n’était pas calmée et un orage de grêle accompagné d’éclairs et de tonnerre s’est abattu sur le village. Jean-Claude. »
 
 
 
extrait de « L’album de notre vie scolaire » de JC Martin
 
 
 
Jean-Marie Bruez écrit : « Jeudi soir à 8 heures, le vent s’est mis à souffler. Vers 10 heures, il allait de plus en plus fort. Vers 11 heures, le vent a emporté une partie de la toiture de Monsieur Blanc. Devant chez nous, on aurait dit que le vent emportait des casseroles mais c’était des tuiles de la toiture de Monsieur Débouche qui tombaient. »
 
Bien que les deux enfants n’aient pas noté la même heure, les dégâts causés chez Blanc les ont unanimement choqués.
 
unanimement choqués.
 
 
 
    Rien ne changerait-il donc sous le soleil ? Ce n’est pas Bernard Thiébaud qui contredirait ce constat lorsque les tôles de son hangar agricole ont volé jusque dans les prés voisins lors de la fameuse tempête du 25 et du 27 décembre 1999 : Guy Chaudot a relevé la pression atmosphérique la plus basse : 726 mm/mg soit 965 millibars*.
 
Le vent a également soufflé le 11 mai 2000, à la suite d’un violent orage et encore plus fort le 8 novembre 2000 lors d’une mini tempête. La tornade du 15 août 2000 a provoqué une nouvelle fois des dégâts sur la ferme Thiébaud au grand dam de ses propriétaires et … de l’assureur !
 
 *La pression est notée en cm/mg et non en millibars. Les températures sont prises à l’ombre à un mètre du sol. 
 
( petite note : à faire corriger par un conseiller en  physique ! j'ai dû encore avoir la pression ave le cours de  Msieur ... et de Msieur ... " les kilorrrames et les neutons  au lycée et à l'EN  : " Mademoiseille Gauthier,  vous êtes aussi terrible que votre cousin François ! )

        La neige d’avril

 
« Après une fin de Mars printanière, la nature nous a offert un poisson d’avril : une magnifique chute de neige.
 
Le premier avril, après un début de journée pluvieux, la température s’abaissa subitement et vers midi, les premiers flocons apparurent. Des flocons énormes, denses, lourds, eurent vite fait de tenir malgré le sol mouillé. Poussée par un vent d’est, la bourrasque dura jusqu’au matin. A notre réveil, une couche de 17 cm avait transformé le paysage, offrant un contraste avec celui de la veille ; le spectacle était féerique, les arbres ployaient sous le poids des plaques de neige, les mille scintillements remplaçaient les premières fleurs.
 
Que font les hirondelles qui étaient revenues ? espérons que c’est « la neige du coucou » que nous avons entendu le 31 Mars. »
 
 
 
Sur la couverture du cahier de l’année 1977, Guy Chaudot a également noté « neige du coucou ».
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