Devinette : combien de fontaines à Vaire-Arcier ?

 

Extrait d’une carte postale ancienne, la Grande Fontaine

 

Fontaines et lavoirs

On compte plusieurs adductions d’eau : en 1881, en 1927, plusieurs projets entre 1954 et 1956 puis les travaux de 1967.

En 1881, il s’agit de remplacer une conduite en fonte « placée depuis au moins 55 ans » et d’aménager deux bassins fontaines.

En 1954, le projet qui a fait déjà l’objet de plusieurs questions aux séances du conseil les années précédentes doit entraîner une dépense de 800 000 francs avec le forage d’un puits ; en 1961, l’architecte M. Groux présente le projet définitif. L’entreprise Carmille est retenue pour effectuer les travaux.

A Vaire-le-Grand, on a compté jusqu’à 5 fontaines : « C’était au ruiseau que les familles de Vaire allaient chercher leur eau, qu’on menait boire le bétail, qu’on lavait le linge avant 1823 – date de la première construction des fontaines – Les nombreux chemins qui aboutissent encore au ruisseau en sont la preuve. » (C. Jantet, Cahier N°IV écrit après 1912)

En 1863, il n’y en a que trois pour lesquelles il faut « amodier les boues et immondices qui se produisent aux abords » (délibération du 15 février) 

Un arrêté du 28 mai 1921 stipule :

« Il est interdit à toute personne de se servir des abreuvoirs pour laver ou rincer n’importe quels objets. »

L’une d’entre elles est surnommée « la Fontaine aux Dames » = « Celle de la Julienne »

Voici les 5 fontaines :

Sur la place centrale, devant l’actuelle Salle de convivialité en face de la maison Blanc, « la grande fontaine »* est prise ci-dessus en photo vers 1920, un indice nous le prouve : elle a  son toit en tôles. Elle est ensuite recouverte de tuiles mais elle s’effondre en 1965 à la suite d’un coup de vent et elle n’est pas reconstruite. L’Est Républicain se fait l’écho de cet événement que nous rapportons ci-dessous. MelleRemy dit même que la couverture de tuiles s’est proprement déplacée sans déranger une seule tuile !!!

A côté de l’épicerie Barbier dont on a la description plus loin, « celle des rues du moulin jusqu’au Cul-du Ruisseau »* un bac et un abreuvoir font face à la bascule. La colonne est surmontée longtemps par la statuette du patron des Laboureurs, « pour voir les gens qui descendaient des champs », rappelle Marcel Perrot. « La plus fraîche ! » ajoute-t-il.

A l’angle de la rue de Paleroy  et de la rue de Nancray, se trouve « la petite fontaine »* avec un abreuvoir.

* les 3 fontaines sont ainsi nommées dans le bail des boues de 1860.

Une petite fontaine avec armature métallique, abreuvoir et lavoir devant chez Thiébaud, rue de Nancray, est de toutes, la dernière à être construite. L’eau ne coule pas assez fort et elle est trop chaude car la canalisation provient du centre du village jusqu’à ce qu’une tranchée de la source à la maison Brochet soit creusée : à la bêche, à un mètre de profondeur, par Paul Sallet.

5. La fontaine lavoir à côté de la distillerie et du presbytère « auprès de l’église », est en partie sauvegardée, on l’aperçoit sur la carte postale du monument aux morts d’avant 1930, à l’arrière, avec les colonnes et l’eau qui coule du tuyau. Le Kiki peut être fier de son coin fleuri !

* La construction de l’atelier public de distillation est décidée en novembre 1965, avec un alambic qui coûte 345 000 francs.

L’adduction d’eau en 1956 a porté un coup fatal à quatre de ces édifices. Georges Blanc le regrette en dénonçant ceux qui craignaient que les habitants aient encore à se servir de ces fontaines au lieu d’utiliser l’eau sur l’évier. Louis Robert pense qu’il aurait fallu en conserver une en état de marche. François Amiot se souvient : « pour la fête du village, à la Saints Pierre et Paul (le dimanche qui suivait le 29 juin) ça servait de frigo ! Le café Vonin n’avait pas de quoi tout mettre au frais ! » Marcel Perrot parle aussi des boissons que Mouillebec laisse rafraîchir ci-dessus près de l’église.

Le bassin fontaine des Essarts

En 1875, il est question de réparer le bassin qui recueille les eaux d’une source « dans un état de ruine complet. » Il est d’ailleurs implanté en un point d’un accès très difficile. De 3  mètres de long, 0,70 de large sur une hauteur de 0,60, appuyé contre un mur de soutènement, il est surmonté d’une pile de jet et bordé d’un pavage. 

Source : Projet de construction aux Archives du Doubs

Monsieur Boussard la restaure récemment. La pierre ayant été descellée et le piston volé, il remplace le système et le remet en marche. Malheureusement, elle tarit souvent. Au pied de la côte, le trop-plein est recueilli par la « Fontaine Salée ».

 La fontaine de Corcelle

Dans l’acensement de Granges de Courcelotte de 1693, il est question de la fontaine « au couchant » qui limite le territoire laissé à la communauté des trois nouvelles familles. Effectivement, au lieu-dit « Sous Corcelle », une fontaine existe avant l’arrivée de la famille Regazzoni dans une parcelle située en face de la maison. Une pompe assure le remplissage d’un réservoir, près du port de barque, au lieu-dit « le Reposoir » autrefois objet de corvées.

En 1952, M. Marchand demande qu’une solution intervienne pour l’alimentation en eau de Corcelle : il est décidé qu’un puits soit creusé pour atteindre la nappe aquifère et qu’un bassin situé au centre du hameau soit alimenté en eau potable. « Les habitants de cet écart puisaient dans la rivière du Doubs, l’été dernier, l’eau nécessaire à leurs besoins. » (séance du 7 février 1953)

Travaux d’assainissement : en 1852, le « ponceau* » et l’aqueduc

*le ponceau est aujourd’hui appelé communément le Pontot

« Ces travaux qui auront pour but d’assainir le village du Grand Vaire consisteront dans la construction d’un aqueduc longitudinal sous les rues dites Au Dessus du Village, de l’Eglise et du Moulin ; dans la construction du ponceau près du moulin, d’un aqueduc longitudinal sous la rue dite du Ruisseau, d’un aqueduc à l’ouest et près du ponceau neuf ; d’un aqueduc au dessus de la rue du Moulin ; de dix petits aqueducs ayant pour but de déverser les eaux des rigoles pavées dans le grand aqueduc ; enfin dans le nivellement des rues du village et dans la construction de rigoles pavées le long de ces mêmes rues. »

Les Archives du Doubs conservent les plans détaillés de l’aménagement. De tout temps, le Pontot est le lieu de rendez-vous de la jeunesse, source de gaieté parfois un peu trop pétaradante, mais, mais, mais !

Source : devis des travaux du 15 novembre 1852

En 1885, construction d’aqueducs et de rigoles pavées

Deux aqueducs, dans le fossé du moulin et à l’entrée du chemin de Seuley ainsi qu’une rigole d’eau devant la maison d’école complètent ce premier assainissement. L’arrière-grand-père de Marcel Perrot participe au travail de maçonnage.

Le curage du ruisseau

« Le ruisseau de Chagney, dans la partie comprise entre le bas de la prairie et l’origine du canal d’amenée du moulin, sera curé à vieux fond et à vieilles rives … » selon le modèle d’arrêté à prendre par le Maire en 1894, à la suite de la plainte de M. Reboul de la Juillière. De même, en 1928, les propriétaires riverains sont tenus de purger le ruisseau « de tous les obstacles qui nuisent au bon écoulement des eaux : herbes aquatiques, arbustes, saules et débris de toutes sortes. »

En 1968.1969, le réseau d’égouts

Le réseau d’égouts a été mis en place par la municipalité dont le maire était Roger Perrot, avec l’aide de l’ingénieur du Génie rural, M. Demangelle, à l’automne de l’année 1968 jusqu’au printemps de l’année 1969. Les travaux de la Société SOGETRAP s’élèvent à 242 008,06 francs. D’après un article de l’Est Républicain du 14 janvier 1969, la boue est aggravée par les chutes de neige et l’on évoque la station de décantation des eaux usées qui doit compléter l’équipement sanitaire : une conduite est installée du haut du village jusqu’au Doubs sur deux kilomètres. Le ruisseau est détourné momentanément, le temps des travaux. En bas du village, le ruisseau de Chagney est canalisé. Son ancien cours, visible entre Vaire et Corcelle, a été détourné pour permettre à la chute d’eau d’actionner la roue d’un moulin, dépendance du château dès 1414 qui fut incendié et jamais reconstruit. La charpente qui supportait la roue est encore visible. L’arrière-grand-père maternel de Louis Robert, Bruno Decreuse, est le dernier meunier.

Lors de ces travaux d’assainissement de 1968, la chute est réduite en hauteur, c’est notre fameuse cascade « à la r’chote » !

La station d’épuration

Une subvention de l’agence financière de Bassin « Rhône Méditerranée Corse » est demandée pour la construction de la station d’épuration des eaux usées en 1969. La société SABLA propose le procédé de disques biologiques pour un montant de 88 903,25 francs. Elle fonctionne encore aujourd’hui alors que l’objectif « Doubs Propre » remet en cause tout le système d’assainissement de notre vallée avec un tuyau collectif sur la rive droite, Vaire-Arcier s’orientant vers un système de lagunage et une amélioration du système de récupération des eaux pluviales pour prolonger les performances de cette antique station.

La station de pompage

Le puits de captage est réalisé en même temps qu’est établi un périmètre de protection.

 

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