le château sa construction et la vie du temps de la maison de repos


Le château « à la française » 
 

    Le château et ses dépendances, tels qu’ils existent aujourd’hui, sont construits à partir de 1713 après l’acquisition de la seigneurie par Gabriel Boisot. 

    Les bourgeois gentilshommes Boisot
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    L’ancêtre du nouveau seigneur de Vaire, Claude Boisot, est « marchand citoyen de Besançon » ; son fils, Claude II Boisot est « marchand banquier, co-gouverneur de la cité impériale de Besançon de 1652 à 1658. » Il se prétend noble par cette fonction. Il meurt en 1660.
Sentant le vent de l’histoire tourner, Gabriel Boisot choisit son camp : la France. Il indique aux armées du roi de France les points faibles des fortifications des châteaux de Joux et de Sainte Anne, trahison  qui le conduit en prison après l’échec de la première conquête. Il est procureur général au Parlement de Franche-Comté. Lors de l’annexion définitive de la Franche-Comté, trois ans après le Traité de Nimègue -en 1678, la Franche-Comté devient française - Louis XIV, voulant reconnaître les services qu’il lui a rendus, lui fait, par lettres patentes du 30 juin 1681 don du droit de réversion et de rachat, réservé par Philippe IV dans la vente de partie de la terre de Vaire, consentie au baron de Montcley le 18 mars 1631. Comme une majorité de la noblesse de robe, Gabriel Boisot a « une noblesse commencée » par son père et l’acquiert définitivement par l’achat de  la charge de garde des sceaux en 1706 pour la somme de 10 000 livres. Les héritiers la conservent de 1706 à 1724 puis la louent à vie. Gabriel Boisot a 16 enfants : il se retire au château de Vaire pour y jouir de sa retraite et meurt sus ses terres le 7 septembre 1724. 
   
Baronnie ou seigneurie ? C’est avec le nouvel acquéreur des deux moitiés de la terre de Vaire en 1681, Gabriel Boisot, procureur général, devenu premier président le 22 février 1715, que se pose la question de la qualification du domaine : il veut obtenir de la Chambre des Comptes la reconnaissance du titre de baronnie.  (E. Bulliard « Les seigneurs de Vaire ») tout en devant faire face aux problèmes avec les agents du domaine au sujet de la deuxième partie de la terre de Vaire avec Louis XIV.L’autre partie de la terre de Vaire, provenant de la Maison de Chalon, relève du Château  de Montfaucon ; l’hommage est rendu jusqu’en 1758 à Alexandre-Balthazard de Gand, comte de Middelburg puis à sa fille Pauline. A sa mort, le 16 septembre 1771, sa sœur Elisabeth-Pauline de Gand de Middelburg, conserve la suzeraineté de cette moitié de la terre de Vaire jusqu’à la Révolution. Epouse du Comte de Lauraguais, dont elle se sépare après quelques années de mariage, elle est condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire et exécutée le 6 février 1794. 
    L’un des cinq enfants de Gabriel Boisot, Jean-Antoine de Boisot fait construire le nouveau château.
Parmi les 16 enfants de Gabriel, Jean-Antoine de Boisot est alors conseiller au parlement de Besançon en 1703, président à mortier en 1705, premier président en 1714, il épouse Marie Hyacinthe Heuslin, fille de Michel, écuyer, seigneur de Fontenay, secrétaire du Roi.  Il fait raser la forteresse féodale et ériger la belle demeure. « L’une des façades porte la date de 1713, gravée au-dessous des armes Boisot que l’on distingue aisément malgré les tentatives faites lors de la première Révolution* pour les effacer. Ces armes, … à trois besants ou tourteaux … * sont supportées par deux lions et accompagnées de la devise du Président : Nil conscrire sibi.* » (E. Bulliard « Les seigneurs de Vaire »)*La première Révolution (Bulliard  écrit ce texte dans la période tourmentée du XIXe siècle où alternent divers régimes, la Troisième République est toute jeune.* Besant : en héraldique, petit meuble de métal de forme circulaire, ici trois ronds, le tourteau est en couleur.*« Nil conscrire sibi » : abréviation  de nihil …, signifie « ne rien avoir sur la conscience »Source : Jean-François Solnon : « 215 Bourgeois Gentilshommes au XVIIIe siècle. Les Secrétaires du Roi à Besançon. » L’ensemble de la construction coûte à JA de Boisot plus qu’il ne peut payer. Couvert de dettes, (168 créanciers à sa mort ! ) il vend la propriété aux demoiselles d’Etrabonne pour 180 000F.  « L’aïeul des trois demoiselles coadjudicataires de la terre de Vaire, Messire Jean Pourcheresse, écuyer, maître de forges à Fraisans, était fort riche ; la malignité publique l’accusait de sorcellerie et de s’être procuré des trésors en changeant le fer en or. » Il devient baron d’Estrabonne, aux armes d’or au lion d’azur.L’une de ses trois filles, Françoise-Etiennette-Hippolyte épouse Jean-Jacques-Louis Badier,  marquis de Verseilles, brigadier des armées du Roi. Le couple échappe au sort réservé à la comtesse de Lauragais, suzeraine de l’autre moitié des terres de Vaire. Réfugiés à Saint-Claude dans le Jura, ils ne sont pas des émigrés. Monsieur de Verseilles meurt le 10 mars 1797 sous le nom de Badier.  Sa veuve reçoit en cette période révolutionnaire la terre de Vaire et elle met toute son énergie afin de conserver ses biens pour lesquels elle a rendu hommage au Roi alors qu’il s’agit d’une donation du temps de Louis XIV. Elle réussit mais en ce qui concerne les bois de Corcelle, on connaît la fin de l’histoire.

    Cependant, le château est occupé par les Autrichiens en 1814, « quartier général du  prince Aloÿs de Lichtenstein, commandant des trois divisions chargées de l’investissement et du siège de Besançon. Le prince s’était d’abord installé au château de Novillars, mais les entreprises audacieuses du général Marulaz l’effrayèrent. » Il fait créneler les terrasses et les garnit de pièces d’artillerie ; les noms d’officiers sont longtemps lisibles sur des portes du château.  Dans le vestibule, un dessin, en allemand, montre « die Umleitung von Besançon » (les environs). Le prince demeure au château de Vaire jusqu’au 2 mai, date à laquelle il s’installe à Baume.
L’almanach populaire comtois consacre très peu de lignes à notre commune, un dessin et un commentaire inspiré de la monographie des Seigneurs de Vaire de Bulliard, sur le château pendant cette période d’occupation autrichienne (Le château dans le Barbizier p 389, 1961).  

    A la mort de la marquise de Verseilles, le 11 octobre 1818 à Besançon,  sa nièce et filleule Bonaventure-Françoise-Etiennette-Hippolyte de Malarmey, comtesse de Roussillon, célibataire, demeurant à Besançon, prend possession de Vaire pour une seule année. Elle vend ses biens à la famille Cugnotet-Finot qui acquiert le château et ses dépendances, 46 ha de champs, 14 ha de prés, 157 ha de bois, une vigne, une tuilerie, une ferme, un verger… pour 170 000F. Le Lorrain, Georges Chevandier de Valdrôme hérite du domaine . Ses petits neveux le  vendent en 1885 à Mme Fanny-Elisabeth Morel, veuve de M. Louis Meiner, originaire d’Alsace, maître de forges et maire à L’Isle-sur-le-Doubs, cogérant de la maison Japy, vice-président du Conseil général du Doubs. Sa veuve décède le 24 mai 1902 et le domaine qui comprend le château, les terres sur Vaire-le-Grand, Vaire-le-Petit, Novillars, Amagney et Deluz, avec Comboulot, échoit à ses filles, Mesdames Nicolas Koechlin* et de La Juillière. M. Duffet acquiert la propriété en 1932 puis revend le château à Georges Feschotte qui en reste propriétaire jusqu’en 1941.  Marcel Thiébaud évoque le merveilleux terrain de jeu avec Hubert Sauvageot lorsque le père de celui-ci, Joseph, est jardinier, en hiver surtout lorsque les châtelains sont absents.
    En été, ceux-ci font conduire le linge à laver à la locataire de la maison à côté sur une voiture à cheval.
 


    Le château est occupé par les Allemands du 17 juin au mois de septembre 1940 puis d’octobre à février  1941. Ainsi, dans les souvenirs que Jean Jeannin avait eu la gentilles d'évoquer avant son décès, s’expliquent les trois surnoms donnés aux bâtiments :
-          le Château « Vallette » du nom de ceux qui louent la propriété de Monsieur Duffet
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le Château « Feschotte » du nom du nouveau propriétaire
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le Château « Turkheim » sous l’occupationAprès la deuxième guerre mondiale, Jacques Georges de la Société « Coton Vosges » cède le domaine à la société Boussac. 

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