La stèle est installée devant l'église !
Le
même modèle de monument, vous le trouverez à Morre, Bonnay et Luthier :
cette série d’ouvrages a été effectuée par le marbrier Alexandre Roussel.
Reprenons la description architecturale du Docteur Claude Bonnet « Les Monuments
aux Morts dans le département du Doubs » (Empreintes
Editions) : « l’obélisque est soutenu par un socle composé de trois
parties : une corniche simple, un corps élargi aux angles de volutes
supérieures rentrantes et sculpté de branches de chêne et de laurier, assorties
d’une croix de guerre et enfin d’une base trapézoïdale à bords concaves posée
sur un soubassement ». Une carte postale d’avant 1930 montre une grille mais
pas encore de plaque en hommage aux soldats de Vaire-le-Petit ni à De Velna d’Arcier.
Elle sera posée pour le 11 novembre 1989. Le monument porte comme la majorité
de ces hommages publics la dédicace : « A ses enfants morts pour la
France ».
Les
archives municipales font état de la demande de subvention du 2 mai 1920 d’un
montant de 1083 francs (le Préfet du Doubs alloue une subvention de 432 francs,
le 1ier décembre 1921 – lettre conservée aux Archives du Doubs)
... afin
de couvrir les frais du devis alors que le conseil vote un crédit de 2500
francs le 29 février 1920. En fait, il s’élèvera à 3032 francs, la commune
devant verser les 1083 francs restant soit 4115 francs : la somme est
modeste comparée à d’autres dépenses faites à Roche (6040 francs) et la plus
élevée : Jougne (56 500 francs)
L’inauguration a eu lieu le 20 novembre 1921. Ce n’est que le 24 octobre 1922 que la loi institua le 11 novembre « Fête de la Victoire » et jour férié. Depuis 1989, l’habitude est bien ancrée : les habitants des deux Vaires se retrouvent à l’issue de la cérémonie du 11 novembre à Vaire-le-Petit et, de celle du 8 mai à la salle de convivialité de Vaire-Arcier.
Parlons de tous les autres aussi « On
a pu déplorer un oubli symbolique : il aurait fallu élever un monument à
la veuve du Soldat Inconnu… » renchérit Joseph Pinard en faisant mention
de ce bilan. (« Rebelles et révolté(e)s de la Belle Epoque
( ?) à la « Grande Boucherie »)
Les soldats « morts pour la France »
Aucune
plaque ne commémore ces pertes de guerres anciennes.
Pendant la
Révolution française, le
23 germinal an III (1795), Charles Bernard meurt à Landau ; le 7 fructidor
de la même année le « citoyen Jean Virot dit volontaire » meurt à
Neufbrisach. Adrien Sallet , canonnier estropié d’un bras, meurt le 16
vendémiaire an IV. Le 6 pluviôse en l’an XII (1803) le soldat brigadier PL
Ruffin meurt à 28 ans à Villefranche.
Lors
des guerres napoléoniennes, 5 soldats de Vaire et 1 d’Arcier
disparaissent : Jean-Baptiste Collard, fusilier, meurt « par suite de
fièvre » le 8 septembre 1806 à l’hôpital de Venise puis c’est le 5 ou 6
juillet 1809 à Wagram que disparaît le soldat d’Arcier. En 1807, l’an XII à
Tréville en Italie, c’est au tour du sieur Jean Pierre Guedone « fusilier au
106e régiment… par suite de fièvre » de même pour le « sieur Jean-Baptiste Mary » de la
même compagnie, natif de « Courcelotte ». En 1809, « le sieur
Soleil Claude François », grenadier au 2e bataillon du 10erégiment s’éteint à l’hôpital à Vérone. En 1810, Jean-Pierre Robert, sergent de
la Compagnie du 6e Régiment d’artillerie à pieds décède au fort Cigogne
à 34 ans et inhumé à Concarnau (sic) dans le Finistère*.
*ces recherches diffèrent sensiblement des données recueillies
par C. Jantet dans son cahier III mais ce sont les sources de l’état-civil
conservées à la mairie. Cet instituteur a relevé d’autres soldats tués or il
faudrait rechercher des indices pour confirmer sa liste. A fouiller !
« Ceux qui sont revenus »
Dans
le cahier, la liste de « Ceux qui sont revenus » est étonnante.
Jean-Pierre
Amiot, tombé à cheval, a vu passer sur lui tout un convoi dont la régularité de
l’alignement le préserve de la mort. Nicolas Bernard a son shako troué d’une
balle à Leipzig. Philibert Clermontel est à Smolensk quand la ville brûle. Il
mange des pommes cuites pendant cinq jours et doit se sauver devant les Cosaques.
Bernard Laplanche, grand-père de Polycarpe et d’Eugène, 20 ans de services, 15
campagnes, fait prisonnier en Italie, profite d’un moment d’inattention de ses
gardiens pour se sauver à cheval. Quinquant, le Vieux, se cache dans les
entrailles d’un cheval mort. Paul Robert, dit Wagram, chasseur à cheval,
grand-père de la Zénobie, touche une pension pour le mollet emporté dans la
bataille. Claude Pichery est pensionné de 612,30 francs. Joseph et Claude
Soleil sont fiers de leurs blessures à Wagram et des mots que Napoléon leur
aurait adressés. Iréné Blanc et
Jean-Antoine Maréchal ont tous deux servi 10 ans et fait 8 campagnes. Le record
est battu par Jean-François Pichery qui a 36 ans de services et 16 campagnes.
Source : cahier III de C. Jantet
L’occupation autrichienne en 1814
Comme
nous l’avons vu pour le pont à cabestans et dans le château, Lichtenstein et
ses troupes font de Vaire un poste important. L’état de siège levé le 2 mai
1814, la paix ne revient pas pour autant : 300 000 ennemis traversent le
département et la masse des charges supportées par les communes et les
particuliers s’élève à 11 735 385 francs. Le Grand Vaire est une commune des
plus frappées : 60400 francs et Arcier, 15000 francs (Thise : 86000
francs, Roche : 63800 francs, Novillars : 37500 francs,
Amagney : 57000 francs, Chalezeule : 33000 francs, Chalèze :
25000 francs)
Suite de
la liste des soldats « morts pour la France » : lors des guerres de Crimée de 1854 à 1856, « le nommé Just
Constant Laithier » du 5e Régiment d’infanterie de ligne »
est tué par balle devant Sébastopol « à la prise du mamelouk ».
« Le sieur Jelot Félix, chasseur de 2e classe au 6ebataillon de chasseurs » le 23 février 1855, ne survit pas aux diarrhées
qui sévissent dans le camp retranché des Français.
En 1871, Justin Fusenot, garde mobilisé du Doubs,
meurt à 38 ans à l’ambulance de Saint Ferréol.
Afin
d’arrêter l’avancée ennemie, des tranchées sont creusées en travers des chemins
de Grand Vaire à Osse et des arbres sont abattus pour obstruer le chemin de
Nancray. Rappelons que le pont est détruit et le passage du bac
interrompu : Bourbaki est de passage à Novillars le 24 janvier 1871 avant
de manquer son suicide à Besançon et avant que son armée brisée de fatigue
aille subir sa terrible défaite dans le piège de Pontarlier.
La
paix conclue, il faut retirer les débris qui obstruent le canal et les 11
propriétaires des bœufs réquisitionnés se plaignent de la maigre indemnisation
de 150 francs.
|
Communes ou hameaux |
Chambres pour
officiers |
Lits
pour officiers |
Lits
pour troupe |
Places
pour chevaux |
Places
Pour voitures |
Nombre
d’hommes pouvant
être cantonnés |
Chevaux
pouvant être cantonnés |
maisons |
habitants |
|
Grand-Vaire |
10 |
26 |
150 |
50 |
20 |
900 |
100 |
65 |
331 |
|
Corcelles (hameau) |
2 |
4 |
25 |
5 |
5 |
40 |
15 |
10 |
48 |
|
Comboulot (ferme) |
2 |
2 |
2 |
5 |
5 |
5 |
15 |
1 |
9 |
|
Seuley (ferme) |
1 |
3 |
2 |
5 |
5 |
10 |
15 |
1 |
6 |
Logement des
troupes de passage ou cantonnées (21 juin 1882)
Ce tableau est préparé par
l’administration pour informer des possibilités d’hébergement des troupes ce
qui offre au passage, des données précises sur le nombre de maisons et
d’habitants selon les différents lieux-dits en 1882 dans la commune de
Vaire-le-Grand (voir troisième partie, évolution de la population).
La
première guerre mondiale
C’est
effectivement la première guerre mondiale qui décime le plus nos
familles : 18 « morts pour la
France ». Cela constitue 4,5 % de la population, taux supérieur à la
moyenne du Doubs (3,79%, moyenne française : 3,35 %) mais cela n’est pas
aussi dramatique qu’à Vaire-le-Petit (10,37 %) et Cordiron dans le canton
d’Audeux qui obtient le triste record de 18,18 % (10 tués pour une population
de 55 habitants)
Source : Le Département du Doubs sous
la IIIe République de Louis Mairy
Les
décès n’épargnent pas Arcier avec De Velna (orthographié Develna sur le
monument aux morts) qui est le fils de ce magistrat requis par le Colonel du 60erégiment d’infanterie pour juger le soldat Bersot en février 1915. Joseph est lieutenant chargé de protéger les
premières lignes contre les sapes allemandes lorsqu’il est tué dans les
tranchées en 1918.
Léon
Paul Alexis Groshenry, en garnison à Belfort, décède à l’hôpital militaire à la
fin de la guerre. La transcription à l’état civil ne comporte pas la mention
« Mort pour la France ». Pas davantage pour Louis Rigaud mort à
Souain dans la Marne : Souain-Perthes-lès-Hurlus, le 3 octobre 1915.
|
Soldats inscrits |
date du décès |
Lieu |
|
Bulle Maurice |
23 septembre 1915 |
Spitzenberg(88) |
|
Koechlin Jacques |
1915 |
* |
|
Mouillebec Emile |
20 juillet 1916 |
Herbeville (80) |
|
Vonin Maurice |
17 septembre 1916 |
Bouchavesne (80) |
|
Philippe Léon |
2 octobre 1916 |
Bussy-le-Château (51) |
|
Marchand Pierre |
29 septembre 1916 |
Bouchavesne (80) |
|
Philippe Louis |
1916 |
* |
|
Millot Marcel |
7 novembre 1916 |
Bouchavesne (80) |
|
Viennet Robert |
1916 |
* |
|
Philippe Henri |
20 septembre 1916 |
Sainte Ménéhould (51) |
|
Robert Marie Louis |
1 mars 1917 |
Cote 766 Wisembach (88) |
|
Picard Alfred |
25 juillet 1918 |
Montmirail (7) |
|
Marchand Léon |
3 septembre 1918 |
Massige (88) |
|
Marchand Marc |
26 août 1918 |
Bois des Echelons (08) |
|
Gaume Henri |
5 octobre 1918 |
Gricourt (02) |
|
Develna Joseph |
1918 |
Saint-Mihiel (55) * |
2. moi-même Le 25/02/2008 à 11:27
1. Danielle Gauthier Le 25/02/2008 à 11:26