Les journaux et la guerre
« Le 11 juin 1917 4h du soir
Mes chers parents
Ce matin l’on fit distribuer à tous ceux qui ont participé à l’attaque de Maisons-de-Champagne un numéro spécial de l’Echo des Marmites consacré uniquement à cette affaire, je vous l’envoie, vous le lirez et le conserverez. »
Si bien conservés, ces différents journaux me servent encore aujourd’hui 90 ans plus tard !
« Si ceux qui disent : Il faut continuer la guerre, ils changeraient probablement d’idées mais c’est facile de faire la guerre en lisant les journaux. » (le 12 août 1916)
Deux jours plus
tard, Alfred envoie un extrait du Journal : « Heureusement que
les journaux vantent que nous avons des bourriquots pour faire les
transports, jugez-en par cet article que je détache du journal : le
Journal et qui a paru hier, il s’est peut-être trompé, il voulait peut-être
dire que c’était nous les bourriquots. » Le 24 août 1916 : « Les journaux parlent du
confortable du poilu, il est joli, vous pouvez croire. » Poursuivre Le 17 avril 1917,
Marguerite interrompt sa lettre : « Voilà le journal qui arrive
je vois que l’action est engagée entre Soissons et Reims, si Claude entre
en lignes il sera dans une sale coin. » erreur ou
prononciation commune ? en tous les cas, les journaux sont lus
attentivement et permettent de suivre les opérations militaires. Encore une
idée caricaturale d’une France profonde ignorante qui tombe : la
famille Guillaume se tient au courant des événements d’autant plus que
trois des leurs sont à trois endroits stratégiques du front*.

La presse joue un rôle important dans le suivi de la guerre. La famille Guillaume la suit avec attention à en juger la pile de journaux « Le Petit Parisien » conservés chez la Nènène. Au début de cette étude, j’avais une réticence à mêler ces documents avec la correspondance mais les nombreuses coupures qui accompagnent certains courriers justifient que le quotidien soit examiné conjointement. De plus, les allusions aux offensives de la part de Marguerite s’explique par cette lecture des journaux. (Chercher des sites qui en font l’énumération)
Le Petit Parisien se fait l’organe des instances au pouvoir, c’est un quotidien national.
ß en présentant à la une systématiquement des communiqués officiels comme celui du 16 octobre 1915 présenté précédemment à propos de l’affaire de l’Hammerstwillerkopf : le ton est rassurant, les échecs allemands soulignés et les secteurs préservés des attaques scrupuleusement cités. «La nuit a été relativement calme sur le front belge … Nos batteries ont dispersé un convoi … Notre artillerie les a efficacement contrebattues … » Toute tentative de l’ennemi est vaine, inopérante.
ß ou des états-majors. Ainsi, le lieutenant-colonel Rousset dans un article du 16 février 1916 souligne les « offensives allemandes quotidiennement répétées quotidiennement repoussées. »
L’Echo des Marmites est un périodique satirique (18 numéros au 10 mars 1917) fondé dès la première année de guerre avec « aucun fil spécial avec Berlin » : exutoire de journalistes vite conscients de l’inanité de la guerre, il traite avec un humour acide le quotidien des poilus. Les exemples tirés de ce numéro qui parsèment cet ouvrage pour lui donner un peu plus de fantaisie en donnent une idée précise : il avait été joint par Alfred à l’un de ses courriers. Rarement attaché à des enquêtes approfondies, il traduit l’humeur du soldat et se fait l’écho des rumeurs et des potins.

De tous les autres journaux qui pullulent à cette époque, nous ne retiendrons que ceux-là puisqu’ils constituent les seules références dans la correspondance de la famille Guillaume.
extrait de La Grande Guerre Le lexique ![]()
*Marmite (pluriel : Marmites) - nom féminin – France : Emprunté au vocabulaire culinaire, ce nom désigne en fait les obus allemands. Il semble qu'il n'ait été appliqué à l'origine qu'aux projectiles d'un calibre supérieur à 105 mm. Par extension, il a fini par désigner l'ensemble des obus d'artillerie. Marmitage (pluriel : Marmitages) - nom masculin – France : Bombardement, dans l'argot des Poilus. Il s'agit, littéralement, de l'action de lancer des marmites (voir ce terme ci-dessous), donc de bombarder. Marmiter / Marmité - Verbe et adjectif – France : Bien moins usité que les deux noms ci-dessus ce verbe, comme l'adjectif dérivé de son participe passé, signifie bombarder. Une artillerie marmite lorsqu'elle tire et un terrain est marmité lorsqu'il est bouleversé par un bombardement.
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en temps de guerre : des montres pour
les Poilus, paysans et soldats tous deux « artisans de la
victoire » ! « si
l’un défend le sol par les armes, l’autre le met en état de production et
assure ainsi l’alimentation de nos braves combattants … »
1. moi Le 19/06/2008 à 07:32